Combien de temps pour faire la route 66 ?

Combien de temps pour faire la route 66 ?

Il y a des routes qu’on emprunte pour arriver quelque part. Et puis il y a la Route 66, que l’on suit justement pour ne pas se presser d’arriver. De Chicago à Santa Monica, elle traverse huit États, des plaines immenses, des villes oubliées et des paysages qui semblent avoir été dessinés pour le cinéma. Mais combien de temps faut-il prévoir pour la parcourir ?

La réponse dépend de votre façon de voyager. En deux semaines, vous pouvez en découvrir les grandes étapes. En trois semaines, vous aurez le temps de vous arrêter, de faire quelques détours et de laisser la route vous surprendre. Et si vous disposez d’un mois, vous pourrez goûter pleinement à cette lenteur américaine où l’on s’arrête pour un diner, une station-service vintage ou un coucher de soleil qui n’avait rien demandé à personne.

La Route 66 en quelques chiffres

La Route 66 relie Chicago, dans l’Illinois, à Santa Monica, en Californie. Son tracé historique mesure environ 3 940 kilomètres, soit près de 2 450 miles, et traverse aussi le Missouri, le Kansas, l’Oklahoma, le Texas, le Nouveau-Mexique et l’Arizona. Une belle traversée, donc, avec plusieurs fuseaux horaires et des paysages qui changent plus vite qu’on ne le croit.

Il faut toutefois garder à l’esprit que la Route 66 n’est plus une route unique, continue et parfaitement signalée. Déclassée en 1985, elle a été remplacée par des autoroutes et des routes plus récentes. Aujourd’hui, on suit des portions historiques, des routes secondaires et, parfois, des voies modernes pour relier deux étapes. Le parcours exact varie donc selon l’itinéraire choisi et les détours.

Si l’on conduisait sans s’arrêter, le trajet pourrait théoriquement se faire en quelques dizaines d’heures. Mais ce calcul n’a pas grand intérêt : il reviendrait à traverser un immense décor sans jamais ouvrir la fenêtre. La question utile est plutôt celle-ci : combien de jours voulez-vous consacrer aux rencontres, aux petites villes et aux haltes imprévues ?

Deux semaines : le minimum pour en saisir l’esprit

Avec quatorze jours, la Route 66 est faisable, à condition d’accepter un rythme soutenu. Vous conduirez souvent quatre à six heures dans une journée, parfois davantage si une étape est longue ou si vous souhaitez rejoindre une attraction en chemin. Ce format convient aux voyageurs qui ont peu de vacances et veulent découvrir les lieux les plus emblématiques sans s’attarder partout.

Prévoyez une arrivée à Chicago, puis une première journée consacrée à la ville et à la préparation du départ. Ensuite, vous pourrez répartir le trajet sur une douzaine de jours, avant de terminer à Santa Monica. Cela laisse peu de marge pour les imprévus, les visites approfondies ou les longues pauses. Un orage, une fermeture ou une envie persistante de rester une nuit de plus peuvent vite bousculer le programme.

En deux semaines, mieux vaut sélectionner quelques arrêts plutôt que vouloir tout voir. À Saint-Louis, on peut admirer la grande arche qui domine le Mississippi. En Oklahoma, les petites villes racontent l’histoire de la route avec leurs enseignes, leurs musées et leurs motels colorés. Plus loin, le Nouveau-Mexique dévoile ses paysages de hauts plateaux, puis l’Arizona offre des étendues désertiques et des ciels immenses.

Le conseil est simple : ne transformez pas votre voyage en course au tampon sur une carte. Une photo devant chaque panneau ne remplacera pas une soirée à discuter avec un propriétaire de motel qui connaît les histoires du quartier. La Route 66 est aussi faite de ces moments-là.

Trois semaines : le bon équilibre

Pour beaucoup de voyageurs, trois semaines représentent le meilleur compromis. Avec environ vingt et un jours, vous pouvez rouler à un rythme plus agréable, conserver quelques journées légères et découvrir les étapes sans regarder constamment l’heure. La plupart du temps, comptez entre deux et cinq heures de conduite, selon la distance et le nombre d’arrêts prévus.

Un itinéraire équilibré peut commencer par deux jours à Chicago. Prenez le temps de flâner, de repérer le début du parcours et de vous habituer à la voiture. Répartissez ensuite les kilomètres sur une quinzaine de journées, en alternant les étapes de route et les séjours de deux nuits dans certaines villes. Gardez enfin quelques jours pour Los Angeles et Santa Monica, ou pour une excursion dans les environs.

Ce rythme permet, par exemple, de visiter le musée de la Route 66 à Clinton, dans l’Oklahoma, de faire une pause à Amarillo, au Texas, et de découvrir les paysages de l’Arizona sans les traverser dans la précipitation. Vous pouvez aussi consacrer du temps à des lieux moins célèbres : un vieux cinéma, une rue principale presque silencieuse, un café où le café est servi avec une générosité sans doute proportionnelle à la taille des tasses.

Trois semaines laissent également de la place aux détours. Le Grand Canyon, par exemple, n’est pas exactement sur le tracé historique, mais il peut justifier un crochet de plusieurs jours. Même chose pour certains parcs ou sites naturels du Sud-Ouest. Chaque détour est tentant ; tous les ajouter au programme peut cependant transformer un voyage tranquille en marathon d’autoroutes.

Quatre semaines ou plus : prendre le temps de s’égarer

Avec un mois, la route cesse d’être une succession d’étapes à cocher. Vous pouvez rester deux nuits dans les villes qui vous plaisent, vous éloigner du tracé pour explorer un parc et changer d’avis sans que tout l’itinéraire s’écroule. C’est la durée idéale pour celles et ceux qui aiment les découvertes lentes, les arrêts spontanés et les journées qui ne commencent pas au son d’une alarme.

Un mois permet aussi de mieux apprécier les contrastes. À l’est, les paysages sont plus verdoyants et les villes plus proches les unes des autres. Plus on avance vers l’ouest, plus les distances semblent s’allonger. En Arizona et en Californie, la route traverse des espaces arides où l’on comprend vite pourquoi il vaut mieux faire le plein avant que le réservoir ne devienne un sujet de conversation.

Vous pourrez consacrer davantage de temps à des villes comme Tulsa ou Albuquerque, dormir dans un motel historique, ou tout simplement ne rien prévoir un après-midi. Ce dernier programme est parfois le plus difficile à organiser, et le plus précieux : une chaise dehors, un ciel immense, le bruit discret d’une enseigne qui grince. L’Amérique, soudain, n’est plus un décor. Elle devient un lieu où l’on s’attarde.

Combien d’heures de conduite par jour ?

Sur une longue traversée, les kilomètres s’accumulent. Pour profiter du voyage sans arriver épuisé chaque soir, essayez de limiter la conduite à trois ou cinq heures par jour. Certaines journées seront plus longues, surtout pour rejoindre une étape éloignée, mais mieux vaut éviter d’enchaîner les journées de sept heures ou davantage.

La distance affichée sur une carte ne raconte pas toute l’histoire. Une portion historique peut être plus lente qu’une autoroute, les traversées de villes demandent de la patience et les arrêts photographiques ont un talent particulier pour se multiplier. Ajoutez les repas, les visites et les changements de direction : une journée annoncée comme « seulement trois heures de route » peut occuper une bonne partie de votre programme.

Pour préparer vos étapes, repérez les hébergements à l’avance dans les zones où l’offre est limitée, surtout pendant les périodes de forte fréquentation. Mais gardez aussi un peu de souplesse : réserver chaque nuit des mois à l’avance peut rendre difficile le moindre détour. Un équilibre entre nuits planifiées et étapes flexibles fonctionne souvent bien.

Les éléments qui font varier la durée

  • Les détours : le Grand Canyon, les parcs naturels et les villes voisines du tracé peuvent ajouter plusieurs jours.

  • Le rythme des visites : un musée traversé en une heure ou une ville explorée pendant deux jours ne raconte pas la même histoire.

  • La saison : en été, la chaleur peut rendre certaines visites moins agréables, tandis que les vacances attirent davantage de voyageurs. Au printemps et à l’automne, les températures sont souvent plus douces, mais les conditions varient selon les régions.

  • Les portions accessibles : certains tronçons historiques sont fermés, dégradés ou difficiles à suivre. Il faut parfois emprunter des routes modernes et adapter son parcours.

  • Le véhicule et le conducteur : une voiture confortable et des pauses régulières rendent les longues journées plus faciles. Partager le volant peut aussi changer agréablement le voyage.

Un exemple de répartition sur trois semaines

Voici une base à adapter selon vos envies, sans la prendre pour un itinéraire gravé dans la poussière :

  • Jours 1 et 2 : découverte de Chicago et préparation du départ.

  • Jours 3 à 7 : traversée de l’Illinois, du Missouri et du Kansas, avec des arrêts dans les petites villes et à Saint-Louis.

  • Jours 8 à 11 : découverte de l’Oklahoma et du Texas, en prenant le temps de visiter quelques lieux consacrés à la route.

  • Jours 12 à 15 : traversée du Nouveau-Mexique, entre villes historiques et grands espaces.

  • Jours 16 à 19 : découverte de l’Arizona, avec un éventuel détour vers le Grand Canyon si votre programme le permet.

  • Jours 20 et 21 : arrivée en Californie, puis pause à Santa Monica et dans les environs de Los Angeles.

Ce découpage reste volontairement souple. Certaines étapes méritent une nuit supplémentaire, d’autres peuvent se traverser plus rapidement. L’essentiel est de ne pas planifier chaque minute : les meilleurs souvenirs ne figurent pas toujours dans le guide. Parfois, ils commencent simplement par un panneau aperçu au bord de la route et une question : « Et si on s’arrêtait ? »

Alors, combien de temps prévoir ?

Pour parcourir la Route 66 sans trop s’attarder, comptez au moins deux semaines. Pour profiter des principales étapes et garder un rythme confortable, trois semaines sont préférables. Avec quatre semaines ou davantage, vous pourrez explorer plus librement, multiplier les détours et laisser une place aux rencontres inattendues.

La bonne durée n’est donc pas seulement une affaire de kilomètres. Elle dépend de ce que vous attendez du voyage : traverser le pays, suivre l’histoire de la route ou vous laisser porter par ses détours. La Route 66 ne vous demande pas d’aller vite. Elle vous invite plutôt à regarder par la fenêtre, à pousser la porte d’un café et à accepter qu’un trajet puisse être, à lui seul, une destination.